Les origines de l'oblature bénédictine:
L’Oblature bénédictine trouve ses racines dans le monachisme occidental des premiers siècles, mais il est important de distinguer l’ancienne pratique de l’« oblation » de l’oblature séculière telle qu’elle existe aujourd’hui.
Saint Benoît de Nursie, né vers 480 et mort vers 547, est à l’origine de la tradition bénédictine. Vers 529, il établit le monastère du Mont-Cassin et rédige la Règle de saint Benoît, qui deviendra l’un des principaux fondements du monachisme occidental.
La première forme précise d’« oblation » apparaît dans la Règle de saint Benoît, au chapitre 59. Il ne s’agit pas encore de l’oblat séculier actuel. Le chapitre prévoit que des enfants soient offerts au monastère par leurs parents. Une demande écrite était déposée sur l’autel avec l’offrande de l’enfant, selon un rite décrit par la Règle. Le mot « oblat » lui-même n'est toutefois pas employé dans la Règle pour désigner ces enfants.
Après saint Benoît, la tradition bénédictine se répand progressivement. Saint Grégoire le Grand (vers 540-604), dans ses Dialogues, notamment dans le livre consacré à la vie de saint Benoît, témoigne de l’existence de personnes vivant dans le monde mais entretenant des liens spirituels étroits avec le monastère. Ces exemples montrent qu’il existait autour des communautés monastiques des fidèles recherchant une vie chrétienne plus profondément inspirée par les moines, mais il serait excessif de les appeler déjà des « oblats séculiers » au sens moderne.
Au Moyen Âge, l’institution évolue. À partir du XIe siècle, des adultes commencent à être associés plus explicitement à des communautés monastiques. Des formes d’oblature adulte apparaissent notamment dans les milieux liés à Cluny, fondée en 910, et à la réforme de Hirsau en Allemagne. Ces personnes pouvaient être désignées par différents termes : oblati, familiarii, fratres conscripti, donati, etc. Leur situation était toutefois très différente selon les époques et les monastères.
Il faut donc éviter de présenter l’oblature séculière actuelle comme une institution identique à celle du Moyen Âge. Au Moyen Âge, certains « oblats » étaient liés matériellement au monastère et pouvaient lui donner leurs biens ou participer à sa vie quotidienne. L’oblat séculier moderne, lui, reste dans le monde, dans sa famille et dans son état de vie, tout en cherchant à vivre selon l’esprit de la Règle de saint Benoît.
La véritable restauration moderne de l’oblature bénédictine est particulièrement liée à Dom Prosper Guéranger (1805-1875). Après la Révolution française, il restaure la vie bénédictine à Solesmes en 1833 et devient le premier abbé de l’abbaye restaurée en 1837. Il s’intéresse également à la restauration de l’ancienne institution des oblats. Selon le Service des Oblatures Bénédictines, les premiers oblats correspondant au sens moderne apparaissent à Solesmes en 1868. Ils sont appelés à s’inspirer de la Règle de saint Benoît et de la tradition spirituelle bénédictine tout en demeurant dans le monde.
Ainsi, les principales figures historiques à retenir sont saint Benoît de Nursie (vers 480-547), auteur de la Règle ; saint Grégoire le Grand (vers 540-604), principal témoin ancien de la vie et de l’influence de Benoît ; les réformateurs monastiques du XIe siècle, notamment dans les milieux de Cluny et de Hirsau, où l’oblature adulte prend progressivement forme ; et enfin Dom Prosper Guéranger (1805-1875), qui joue un rôle déterminant dans la restauration de l’oblature bénédictine moderne au XIXe siècle.
L’histoire de l’Oblature est donc celle d’une évolution progressive : de l’offrande des enfants aux monastères dans la Règle de saint Benoît, aux différentes formes d’association des laïcs aux monastères au Moyen Âge, puis à l’oblature séculière moderne, restaurée au XIXe siècle et particulièrement développée à partir de Solesmes.
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